15 propositions d’urgence pour une santé restaurée dans le Bassin Minier

En janvier, avec un collectif composé d’élus de tous bords, de syndicalistes et de professionnels de santé, nous lancions un appel « pour une santé restaurée dans le bassin minier ».

9000 signatures et plusieurs réunions de travail plus tard, quinze propositions ont été rédigées, grâce à la participation active d’un  groupe d’élus et de professionnels de santé du territoire, emmenés par le Sénateur Communiste Dominique Watrin.

Samedi matin, nous les avons présentées à la presse (voir ici l’article de la Voix du Nord).

J’en profite pour remercier l’ensemble des participants d’avoir accepté de prendre en compte la 15ème proposition que j’ai formulée pour une meilleure prise en compte de la santé environnementale: « Un travail doit être mené pour mieux connaître l’impact de l’environnement (air, eau, sols, alimentation, etc.) sur la santé des habitants du bassin minier et leur exposition aux pollutions et perturbateurs endocriniens. Celui-ci permettra un plan d’action efficace pour mieux protéger nos concitoyens« .

La prochaine étape? Ces propositions seront présentées à l’ARS, au Préfet et à la Vice Présidente Santé du Conseil Régional. En espérant qu’elles soient reçues avec attention… et surtout suivie d’effets!

 

15 propositions d’urgence pour une santé restaurée dans le Bassin Minier

Des moyens pour la Santé :

Depuis des années L’Objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam) est sous-évalué, cela se traduit par des déficits chroniques dans 49 centres hospitaliers sur 52 dans le Nord-Pas-de- Calais.

  • Nous demandons une enveloppe exceptionnelle pour les hôpitaux publics et privés non lucratif à bout de souffle et le financement d’une vraie politique de santé publique sur le territoire.
  • Nous demandons une tarification prenant en compte toute la pertinence du parcours de soin médical et paramédical.
  • Nous demandons que les réserves prudentielles pour les années 2018 et suivantes soient restituées intégralement pour les établissements hospitaliers du Bassin Minier.
  • Nous demandons que les investissements sanitaires sur le territoire rejoignent la moyenne nationale par habitant.

Un pilotage renforcé et démocratisé :

Il est indispensable de coordonner ce plan de rattrapage par des choix politiques forts.

  • Nous demandons la mise en place d’un comité de pilotage démocratique pour la santé dans le Bassin Minier, associant les acteurs de santé, les élus, les représentants du collectif et que celui-ci soit représenté au sein du conseil territorial de santé pour faire émerger les spécificités du Bassin Minier.
  • Nous demandons une rencontre avec les élus du Conseil Départemental pour une évaluation des infrastructures et des politiques prévues sur le territoire pour accompagner la prise en charge des personnes âgées dépendantes.

Attractivité médicale du territoire :

Les moyens seuls ne suffisent pas, il faut également repenser l’organisation de la santé.

  • Le numerus clausus doit être abandonné pour augmenter le nombre de médecins formés dans le cadre d’un examen d’entrée plus approprié à l’exercice de la profession.
  • Le futur Pôle Hospitalier de la Gohelle doit être redimensionné pour répondre aux besoins de santé du territoire. Nous demandons le développement des activités de recherche et la mise en place, année après année, de la fonction enseignement (et non de télé-enseignement) en lien avec la Faculté de médecine et le CHRU de Lille. Cette localisation doit permettre de fixer sur le territoire, dès les débuts de leurs études, les futurs médecins, et de contribuer à une meilleure répartition des étudiants en stage sur le Nord-Pas-de-Calais.
  • Les Centres de Santé doivent être développés. Nous demandons que les bénéfices des ventes immobilières de la CARMI soient investis sur la modernisation des centres de santé sur le territoire. Nous demandons que la Région et l’État accompagnent les centres de santé (municipaux, du régime minier,…) au même titre que les maisons pluridisciplinaires de santé.

Prévention :

La prévention est un pilier majeur des politiques de santé et permet d’en réduire les coûts financiers, sociaux et humains. De vrais enjeux existent sur la prévention des conduites à risque, sur l’exposition aux pollutions environnementales, la prévention des maladies professionnelles, l’éducation et la promotion de la santé, l’accompagnement des publics précaires…

  • Le collectif demande l’organisation d’une réunion sous l’égide de l’ARS rassemblant tous les acteurs de la prévention du territoire (PMI, médecine scolaire, médecine du travail, CMP…). Cette rencontre doit permettre d’établir un diagnostic des actions en cours, d’évaluer les moyens mis en œuvre, d’identifier les manques (sur la base de ce que faisait l’ORS), de faire émerger les propositions en vue de développer les soins primaires : diagnostic, traitement, suivi, ainsi que la prévention et l’orientation dans le système de soins.
  • Nous suggérons que 2 types de préventions soient pris en compte en urgence : la prévention obligatoire pour le cancer de sein et le cancer colorectal. Ces 2 types de cancers dépassent la moyenne nationale dans notre région.
  • Il est nécessaire de mobiliser de nouvelles compétences en développant la formation des professionnels de santé qualifiés.
  • Un travail doit être mené pour mieux connaître l’impact de l’environnement (air, eau, sols, alimentation, etc.) sur la santé des habitants du bassin minier et leur exposition aux pollutions et perturbateurs endocriniens. Celui-ci permettra un plan d’action efficace pour mieux protéger nos concitoyens.

Une organisation à repenser :

  • La mobilité fait partie intégrante des politiques de santé : il est nécessaire qu’une population qui n’a pas toujours de véhicule personnel puisse accéder aux unités de soin et de prévention. Cela impose de repenser la desserte en transport en commun de ces sites en partenariat avec le SMT.
  • Les SAMU/SMUR ne peuvent, avec leurs moyens actuels, assurer les missions d’urgences pré- hospitalières avec des hospitalisations dans des services adaptés de plus en plus éloignés du lieu d’intervention. Par ailleurs, cette situation est aggravée du fait que de nombreux transferts inter-hospitaliers s’ajoutent dorénavant aux missions des SAMU/SMUR du fait de la réduction du nombre de lits disponibles.

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